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A SAPHO.

Sappho

Quel doux parfum de poésie,

Sapho, s'exhale de ton sein!

As-tu dérobé l'ambroisie

Dans le banquet divin?

 

Aux traits brillants de ton génie

Tu sais unir, avec bonheur,

La voluptueuse harmonie

De ton luth enchanteur!

 

L'amour qui t'enivre et t'enflamme,

Qui te transporte dans les cieux,

C'est le tendre soupir d'une âme

Qui monte vers les dieux.

 

Dans tes accents quelle puissance,

Sapho! les Grâces sont tes soeurs;

On dirait que tu pris naissance

Dans un bouquet de fleurs.

 

Que de fois, dans son sein qui gronde,

La mer a vu changer ses flots,

Depuis que dans la nuit profonde

Tu goûtes le repos!

 

Toi, Sapho, jeune et belle encore,

Malgré le temps et sa rigueur,

Toi, tu brilles comme l'aurore,

Dans toute ta fraîcheur!

 

Par l'éclat qu'on admire en elle,

La rose règne sur les fleurs;

Et toi, par ta grâce immortelle,

Tu règnes sur les coeurs.

 

La palme a couronné ta lyre,

Sans rivale, aux jeux solennels,

Et la Grèce, dans son délire,

T'éleva des autels.

 

Et de Lesbos à Syracuse,

Une voix, à travers les cieux,

A dit: Sois la dixième Muse...

C'était la voix des dieux!