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AD VENEREM.

Sappho

Vixi puellis nuper idoneus,

Et militavi non sine gloria;

Nunc arma, defunctumque bello

Barbiton hic paries habebit,

 

Lævum marinæ qui Veneris latus

Custodit. Hic, hic ponite lucida

Funalia, et vectes, et arcus

Oppositis foribus minaces.

 

O quæ beatam, diva, tenes Cyprum, et

Memphin carentem Sithonia nive,

Regina, sublimi flagello

Tange Chloen semel arrogantem.

 

Il aura ajouté une ode aux oeuvres d'Horace.

 

Je ferai une comparaison pour bien faire apprécier mon travail.

 

Je compare les fragments épars de Sapho aux débris d'une statue

mutilée gisants çà et là sur le sol. Chacun de ces débris excite

notre admiration, mais il fait naître aussi dans notre esprit un vif

sentiment de regret; la valeur de ces débris serait bien plus

précieuse si un art habile pouvait les réunir. Enfin un artiste

hardi, et heureusement inspiré, se met à l'oeuvre; il recueille, il

rassemble tous ces débris séparés; des doigts rompus il forme une

main; il ajoute cette main à un bras, il attache ce bras au corps;

ainsi des autres membres; et peu à peu il voit, comme par

enchantement, surgir un chef-d'oeuvre: il a donné la vie à une

statue, il a créé la Vénus de Praxitèle.

 

* * * * *

 

Quant au texte, j'ai mis à contribution tous les commentateurs, Wolf,

Brunck, Schneider, Van Reenen et le savant Boissonade, qu'on ne peut

se dispenser de consulter quand il s'agit des lyriques grecs.

 

 

 

 

LES POÉSIES DE SAPHO DE LESBOS.